« Voici que moi je vais faire du neuf qui déjà bourgeonne ; ne le reconnaîtrez-vous pas ? » Esaïe 43, 19
Le printemps arrive – et la nature renaît, ramenant les couleurs, les senteurs et la chaleur chassées par l’hiver froid et humide. Le printemps, c’est aussi le symbole de l’espérance en quelque chose de nouveau, en une vie différente ou meilleure.
L'année passée a apporté beaucoup de souffrances dans le monde entier, et aussi chez nous en Suisse. Je pense en particulier à l’éboulement dans le Lötschental, où le long cône d’éboulis restera encore longtemps visible et rappellera les blessures au cœur de celles et ceux qui ont perdu leur habitation. Cependant, beaucoup de petits signes et gestes d’espoir se font jour, même si la douleur persistera pour les personnes touchées. Celles-ci ont commencé à reconstruire leur vie, à bâtir un nouveau chez-soi. L’Église joue ici un rôle important, surtout dans ces temps difficiles, même si l’église de Blatten a aussi été ensevelie. Le curé s’est fait « prêtre de proximité », il est en chemin, va chez les personnes, écoute, réconforte, est là pour elles. Il est peut-être même plus proche d’elles qu’avant l’éboulement en raison de la perte commune subie.
Mais quel rapport avec le printemps ? Le cône apparu après l’effondrement n’est pas seulement constitué d’éboulis, de glace et de boue, il renferme aussi de la bonne terre, de la terre végétale pouvant être utilisée pour de nouveaux semis.
Ainsi, un groupe de projet de la vallée envisage une valorisation agricole de la terre fertile sur le cône d’éboulis. Il prévoit de commencer dès ce printemps à effectuer de premiers essais de semis, à ramener la vie dans le sol et à œuvrer pour l'avenir des quelques familles paysannes qui ne souhaitent pas renoncer à leur existence dans la vallée. Le projet se nourrit de la conviction que la nature peut réparer bien des choses, porter à nouveau des fruits et, de concert avec les humains, donner naissance à une nouvelle vie.
Notre famille aussi a perdu sa maison de près de quatre siècles dans la commune de Blatten. Je sais ce qu’on ressent à cette perte.
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