Quel avenir pour les jeunes ?
Addiction aux écrans, nouvelles formes de relations, difficultés avec l’autorité : comment se portent les jeunes aujourd’hui ? En septembre à Bienne, un apéro débat soutenu par les Églises réformées Berne-Jura-Soleure a abordé la question en présence de deux spécialistes.
Les jeunes sont certes angoissés, mais les adultes ne le sont-ils pas aussi de plus en plus ?
Au Café Littéraire, dans une jolie cave voûtée de la vieille ville, les conversations vont bon train. En ce soir de septembre, les regards se tournent vers les deux invités : le pédopsychiatre André Hugi et Frédéric Wühl, spécialiste de la promotion de la santé auprès des jeunes à Santé bernoise. Au centre des échanges, une question qui touche de nombreuses familles : comment vont les jeunes aujourd’hui ? La rencontre, modérée par le cinéaste et philosophe Adrien Bordone, part d’un constat préoccupant : les jeunes sont plus anxieux qu’autrefois. Une étude menée en 2022 indiquait que 15 % des enfants et adolescents suisses âgés de 11 à 15 ans étaient susceptibles de développer des problèmes de santé ou des difficultés sociales.
Nuances
Une statistique qu’il convient de nuancer. « Les jeunes sont certes angoissés, mais les adultes ne le sont-ils pas aussi de plus en plus ? Et n’y a-t-il pas toujours davantage de raisons objectives de l’être aujourd’hui ? », s’interroge André Hugi. La pandémie a laissé des traces. Pour autant, la souffrance psychique ne se manifeste pas toujours de la même manière et ne nécessite pas systématiquement une prise en charge psychiatrique. « Un jeune peut traverser une période de doute, d’angoisse ou de découragement sans souffrir d’un trouble psychiatrique », relève le spécialiste de la promotion de la santé.
Pédopsychiatre, Frédéric Wuehl rencontre depuis près de trente ans des jeunes en difficulté. Pour lui, la hausse de la souffrance des adolescents ne fait aucun doute. «Troubles anxieux, dépression ou troubles du comportement sont devenus des réalités auxquelles les professionnels sont régulièrement confrontés ».
Repérer le mal-être avant la crise
Encore faut-il savoir repérer le mal-être. « Un jeune qui s’isole, dont les résultats scolaires chutent, qui s’absente régulièrement ou dont le comportement change, peut être en difficulté sans parvenir à mettre des mots sur ce qu’il ressent », souligne le pédopsychiatre. Parents, enseignants, amis et professionnels jouent alors un rôle essentiel.
De g. à d. : le pédopsychiatre André Hugi, Frédéric Wühl, spécialiste de la promotion de la santé auprès des jeunes à Santé bernoise et le philosophe Adrien Bordone.
Une société sous pression
Le débat devient une réflexion sur la société dans laquelle les jeunes doivent construire leur avenir. Pression scolaire, performance, incertitude professionnelle, attentes sociales : les exigences s’accumulent, non seulement pour les jeunes, mais pour les parents. Les écrans et les réseaux sociaux ajoutent une dimension supplémentaire. Ils peuvent être des espaces de socialisation, mais aussi favoriser la comparaison et le sentiment de ne pas être à la hauteur.
La soirée ne se termine pourtant pas sur un constat alarmiste. L’avenir dépend aussi de la capacité des adultes à écouter, à accompagner et à considérer les jeunes dans leur globalité. Les enfants comme les adolescents ont besoin d’adultes bien dans leurs baskets. Au final, il s’agit aussi de leur faire confiance.
Cycle de vie
L'apéro débat "Cycle de vie" propose des rencontres entre public et spécialistes autour d'un verre et d'un grand thème de l'existence : naissance, âge adulte et ses questions, etc. La rencontre d'octobre invite a réfléchir autours des questions de la fin de vie, de la mort et du deuil, avec comme invitées la pasteure et accompagnatrice spirituelle Ellen Pagnamenta, ainsi que Cornelia Faivet, infirmière. Sous la modération d'Adrien Bordone, il s'agira de voir comment aborder le tabou sur la fin de vie et la mort et oser ouvrir un espace de réflexion pour parler de sa propre mort ou de celle d’un proche ? Rendez-vous au Café littéraire, dans la vieille ville de Bienne, le jeudi 14 octobre dès 18h pour ce dernier apéro débat, soutenu par les Eglises réformées Berne - Jura - Soleure, avec le concours d'"Eglise en route". Entrée libre.
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