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Les bancs du temple en balade

Cet été, quatre bancs du temple de Delémont ont quitté leurs habitudes pour vivre une aventure insolite. Durant quatre week-ends, ils ont été sortis du temple et installés à proximité des gens: au marché, à la fête de paroisse, dans les pâturages ou encore dans un parc urbain.

Par Nathalie Ogi

Le banc a joué un rôle de "brise-glace"

« L’idée était de sortir des murs de l’église pour aller à la rencontre des habitantes et habitants, afin de favoriser la rencontre et le dialogue », explique la pasteure Sarah Nicolet. Sur chaque banc, une question gravée sur son dossier: « Comment j’offre mon aide au quotidien? », « Qu’est-ce qui me fait sourire ? »,  « À quoi sert un banc? » ou encore « Quels sont mes petits plaisirs dans la vie? ». À l’aide de feutres acryliques, les passants pouvaient noter leurs réponses directement sur le bois. Quelques enfants en ont aussi profité pour dessiner.

Au marché de Delémont, le banc, long de plusieurs mètres, a particulièrement joué son rôle de « brise-glace », souligne la pasteure. Des membres de la paroisse venus découvrir ce que signifie une Église hors de ses murs ont côtoyé des personnes intriguées par ce mobilier sorti de son contexte. Les échanges se sont faits naturellement.

À la Haute Borne, dans les pâturages sur les hauts de la ville, l’expérience a été très différente. Le banc a été monté en camionnette. En pleine canicule, les promeneurs étaient rares. Pourtant, cette étape a offert une autre manière de vivre le projet: être simplement là, dans la nature, avec un banc disponible pour qui voudrait s’arrêter.. Une petite utopie, peut-être, mais aussi une expérience riche de sens, relève encore la ministre.

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Réunir la communauté

À chaque retour au temple, le banc devenait aussi le témoin de son aventure. Lors du culte du dimanche, il racontait ses péripéties et la question inscrite sur son dossier était reprise par le ou la ministre officiante. Le dedans et le dehors se rejoignaient ainsi, permettant à la communauté de découvrir ce qui s’était vécu à l’extérieur.

Lancé par un petit groupe de bénévoles et de professionnelles et soutenu par Adrien Despont, « d'Église en route », le projet est né d’une réflexion sur l’avenir de l’Église et sur la manière de  « quitter les murs » pour rencontrer les gens. Une vingtaine de bénévoles ont participé à la préparation des bancs, en les ponçant pour permettre l’écriture. Le projet a mobilisé diverses compétences et réuni la communauté autour d’une réalisation concrète. Cette aventure s’achève, mais les bancs resteront dans le temple, « comme un souvenir de leur été nomade », ajoute Sarah Nicolet. 

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