A l’écoute des jeunes
Animateur de jeunesse, Christian Borle consacre son énergie à créer du lien entre les jeunes et l’Église. Après vingt ans d’engagement à Bienne, il œuvre dans le Par8 entre projets participatifs et numériques. Il cherche comment adapter l’offre aux jeunes d’aujourd’hui.
Les jeunes ont besoins d'être écoutés, soutenus et valorisés
À 43 ans, Christian Borle n’a rien perdu de sa passion pour les jeunes. Il travaille à 60 % dans l’animation jeunesse, à connexion3d, et développe des projets dans le Par8, de Tavannes à Moutier. « Mon rôle, c’est d’être présent pour les jeunes, de leur donner la parole et de leur offrir les moyens de réaliser ce qu’ils imaginent. » Durant près de 20 ans, il a marqué l’animation jeunesse de la paroisse française de Bienne. « Ce que j’aime, c’est observer un lieu ou une région, voir son potentiel et rassembler les gens autour d’une idée commune afin de créer quelque chose ensemble », confie ce père de famille. C’est lui notamment qui a développé la maison de jeunesse de La Source, accompagné la rénovation des locaux et la transformation de la chapelle en salle d’animation.
L’Église reste un espace privilégié
En 2022, il pensait pourtant en avoir terminé avec les paroisses. « J’étais fatigué, pessimiste, en pétard contre l’institution. » Un passage dans le travail social lui a permis de relativiser : « L’herbe n’est pas forcément plus verte ailleurs. J’ai compris que l’Église reste un espace privilégié pour inventer du sens, défendre des valeurs et faire du bien aux gens. »
Le parcours de Christian Borle n’a rien d’académique. Il a obtenu un CFC de mécanicien automobile, avant de s’engager bénévolement pour les jeunes en Église, puis de suivre la formation de catéchète professionnel, formateur d’adultes et prédicateur laïque : « J’ai eu la chance qu’on me fasse confiance. Je viens du terrain, et je me sens proche des gens. » Qu’il contribue à organiser un camp, des soirées mensuelles pour les jeunes ou la formation des moniteurs de catéchisme, il privilégie toujours la participation. Depuis ses débuts en 2004, l’animateur jeunesse observe des changements : « avant, on lançait une idée et les jeunes suivaient. Aujourd’hui, il est difficile de réunir dix personnes à la même heure. Il s’agit d’abord de réussir à les contacter : les jeunes jonglent entre dix groupes WhatsApp. J’ai constaté qu’il vaut mieux les joindre et les accompagner individuellement. »
Le smartphone, c'est leur doudou
C'est pourquoi Christian Borle veut aussi être présent en ligne : « A nous d’occuper le terrain intelligemment, avec des messages courts qui font sens. » Pour l’avenir, il rêve de projets itinérants, de podcasts ou d’applications mobiles. L’animateur imagine une chasse au trésor biblique sur smartphone ou des expositions participatives qui voyageraient de paroisse en paroisse et inciteraient les jeunes à participer à d’autre activités. Malgré la baisse du nombre de participants, Christian Borle reste confiant : « La quantité n’est pas un problème. Ce qui compte, c’est la qualité des échanges. » Animer, pour lui, c’est avant tout créer du lien et donner confiance. Les jeunes ont besoin d’être écoutés, soutenus et valorisés. « L’Église peut encore offrir cela : un espace où l’on respire, où l’on ose croire en quelque chose de plus grand que soi. »
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