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Sexualité entre le péché et le septième ciel

Comment l’Église peut-elle parler de sexualité de manière contemporaine et quelle contribution apporte la théologie ? C’est à cette question et à bien d’autres encore autour du thème de l’éthique sexuelle protestante qu’ont tenté de répondre les personnes présentes à la Conférence Femmes d’automne de la Fédération des Églises protestantes de Suisse le 23 octobre à Berne.

« L’actualité de ce thème dans le contexte ecclésial est indiscutable. Il concerne et intéresse hommes et femmes dans nos Églises », a constaté la présidente de la Conférence Femmes de la FEPS, Sabine Scheuter.

Car dans la tradition chrétienne, la sexualité a longtemps été assimilée au péché et le plus souvent rembarrée. Elle a rarement été considérée comme une force positive et porteuse de vie, ni ouvertement intégrée dans le discours ecclésiastique en tant que partie intégrante de la vie.

Ruth Pfister, membre du Conseil de la FEPS, a déclaré dans son message de bienvenue : « La sexualité représente une dimension fondamentale de la vie humaine, qui peut participer à la réussite d’une relation ». Elle a invité les personnes présentes à réfléchir à la manière dont la fonction vitale et relationnelle de la sexualité pouvait être traitée dans la vie ecclésiale – dans l’aumônerie et l’éducation religieuse, mais aussi dans le culte et la prédication. Il faudrait aussi que les aspects conflictuels soient clairement désignés : quand le consentement ou le respect de l’autre sont bafoués dans une relation intime, les Églises doivent aussi s’engager en faveur des personnes menacées ou concernées.

L’exposé principal, présenté par Prof. Dr. Andrea Bieler, a apporté des réflexions théologiques sur le désir, le bon et le mauvais sexe et la diversité des genres. La professeure de théologie pratique à l’université de Bâle considère que « dans les Églises continue à régner un discours réglementariste au sujet du sexe. Autrement dit, la question reste le plus souvent de savoir si une chose est autorisée ou non. Nous ne nous demandons pas assez comment nous percevons notre propre comportement. Le travail de formation de l’Église pourrait ici servir à mieux envisager la sexualité dans ce qu’elle a de beau et d’ambivalent. »

D’autres thèmes actuels relatifs à la prostitution, au mouvement #MeToo et aux questions de genre ont été débattus l’après-midi dans le cadre d’ateliers, animés par la pasteure Ivana Bendik, le théologien Stephan Jütte et la directrice de l’ONG féministe pour la paix cfd Carmen Meyer.

La question de l’éthique sexuelle restera un thème d’actualité et montre combien « les Églises protestantes sont ouvertes au débat », comme l’a dit Ruth Pfister.


 

 
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