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La Réforme a rassemblé près de 5000 jeunes à Genève

Plus de 4700 jeunes, âgés de 14 à 18 ans et venant de toute la Suisse ont participé au festival Réform'Action le week-end dernier à Genève. La manifestation s'est déroulée sans embûche grâce au soutien de 660 bénévoles.

Spectacle son et lumière sur le mur des Réformateurs, ateliers en tout genre, concerts à l’Arena, le festival de la jeunesse protestante Réform’Action a occupé la cité de Calvin du 3 au 5 novembre. Il était organisé par la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS), l'Eglise protestante de Genève (EPG) et des organisations évangéliques. Le pari est réussi, même si quelques critiques ont été émises.

«J’ai participé à un atelier de braille. J’ai adoré pouvoir écrire des phrases et découvrir des passages de la Bible dans cette langue», raconte Maeva, âgée de 15 ans. «J’ai aussi entendu une conférence sur les chrétiens persécutés», ajoute-t-elle. Un programme qui a globalement enchanté les adolescents.

Des discours controversés

Toutefois la matinée n’a pas convaincu tout le monde. «Le pari de rassembler des jeunes de toute la Suisse voire au-delà a fonctionné. Tout à coup, on ne se sentait plus être un petit groupe issu de sa campagne, mais appartenant à la grande famille des chrétiens. Néanmoins, avec mon groupe, nous avons assisté à un atelier sur le témoignage où on a notamment entendu que les homosexuels étaient des menaces pour notre société et que les couples divorcés étaient mauvais. Entendre ce genre de choses est, à mon avis, très néfaste et totalement contradictoire avec le discours que nous tenons dans notre Eglise. Immédiatement après, nous avons débriefé avec les jeunes. Beaucoup d’entre eux étaient vraiment choqués», s’indigne Aude Collaud, pasteure pour l’aumônerie de la région Gros-de-Vaud – Venoge.

La manifestation s’est poursuivie le samedi après-midi à la salle de concert de l’Arena. Encore une fois, l’ambiance était à la fête. Une célébration mêlant performances, danses, musiques, témoignages et prédications s’est déroulée pendant près de trois heures. Le moment se voulait fun et décontracté, loin des clichés d’une Eglise réformée austère et peu en phase avec la jeunesse. Si le suisse allemand dominait largement lors des différentes interventions, une traduction simultanée était également assurée.

La cérémonie a tout de même fait grincer des dents certains participants quand la chanteuse Deborah Rosenkranz a annoncé avoir surmonté son anorexie grâce à la prière et que le responsable suisse de Campus pour Christ Andreas Boppart a enchaîné sur une prédication haute en couleur: «Parmi vous, certains ont vécu des brisures, comme le divorce de leurs parents. Ces brisures sont les manifestations du péché!». 

Pour Aude Collaud ces éléments de langage ont eu un goût amer: «Ce genre de discours qui affirme que la prière sauve de tout est problématique. Est-ce que cela signifie que si je ne m’en sors pas, c’est que je ne prie pas assez bien?». Pour la pasteure du Gros-de-Vaud, l’évènement avait une teinte trop évangélique.


 

 
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